samedi 18 août 2012

Mieux qu'en prison

Je me rappelle bien au collège, j'ai appris ce que c'était un trisomique : trois chromosomes n°21, petit, gros, les pieds plats, les yeux en amande, une élocution difficile, petite tête arrondie, quotient intellectuel d'environ 50...

Je me rappelle bien du film "Le huitième jour" de Jaco Van Dormael avec Daniel Auteuil et Pascal Duquenne. J'avais 13 ans. Je l'avais enregistré sur VHS. C'était mon film préféré, ça me faisait rire, ça me faisait pleurer. 

Je me rappelle de Benoit à la maternelle et au CP, il boitait, il ne pouvait pas faire les mêmes exercices que nous. Laurent disait que c'était son copain et du coup c'était notre copain aussi. On l'aimait bien. Il n'a pas pu passer en CE1, c'était trop difficile pour lui, ou pour les maitresses peut-être, alors il est allé avec d'autres enfants comme lui dans un endroit mystérieux où nous n'allions jamais. 

A l'IUFM, j'ai appris que l'Education nationale proposait aux handicapés des écoles en tous genres adaptées à leur handicap (IME, CLIS, UPI...) avec des personnels fort bien formés. J'ai appris comment inscrire un enfant à la maison de handicap. J'ai même passé deux journées dans des IME. J'étais prête au cas où l'on m'impose, à cause de mon nombre de points très faible car uniquement dû à ma date de naissance, un poste en école spécialisée.

Pendant cinq ans, j'ai pris connaissance de ce que peut être la vie de parents d'enfant trisomique en écoutant ma collègue parler des progrès, des capacités, des inquiétudes de sa fille.et aussi des difficultés rencontrées pour trouver une place dans un lieu adapté.

En vingt-huit ans, c'était là toute ma connaissance du handicap.

Cette semaine, j'ai rencontré des handicapés, des vrais, des petits, des grands, des autistes, des trisomiques, des gros, des minces, des hommes, une femme, un noir, des blancs, des musulmans, avec des shorts, des casquettes... 
Des handicapés avec des sourires, des angoisses, des questions, des mots gentils... 
Des handicapés qui mangent, qui se lavent les dents, qui épluchent des légumes, qui construisent un abri à vélo avec de la paille, du bois, de la terre et de la bouse de vaches, qui nagent, chantent "Santiano" et "With or without you", qui caressent les chiens, traient des vaches, lisent un dictionnaire, connaissent tous les batteurs de tous les groupes de tous les temps, dansent, font un signe pour dire "gogol" à leur copain, jouent de la guitare et de l'accordéon, font de la balançoire, disent bonjour aux gens qu'ils rencontrent, jouent à la pétanque, font un câlin quand ils en ont envie, ont peur de se noyer, ont peur de retrouver leur solitude, veulent rester vivre là, avec nous à la campagne...
Des handicapés accompagnés d'animateurs sympathiques, patients, courageux, attentifs...
Des handicapés qui m'ont épatée par ce qu'ils nous apportent, des accompagnateurs qui m'ont épatée par ce qu'ils leur apportent.

Merci pour vos regards, vos sourires, votre fraicheur, votre spontanéité, votre sensibilité, votre sincérité.
Merci de nous montrer que bien des choses sont plus simples que l'on pense, merci de nous montrer qu'on n'est pas "normaux", qu'on a beaucoup à apprendre avec vous.
Merci d'avoir cru que j'étais une vraie sorcière !
Merci pour vos petites phrases inattendues et touchantes.

Mes cinq années d'enseignement m'ont fait croire en un milieu éducatif hétérogène et vivant. Je regrettais d'avoir des enfants ayant quasiment le même âge, à présent je regrette aussi de ne pas avoir accueilli des petits gros bien mongols ou des autistes aux talents insoupçonnés et aux obsessions délirantes. J'étaye un peu plus mon univers éducatif idéal dans lequel ils ont toute leur place pour plus de bonheur pour eux et plus de tolérance, d'ouverture, de joie pour nous.

Ça fait du bien de mélanger vos handicaps aux nôtres, peut-être un poil moins visibles !




jeudi 9 août 2012

Émotions positives, bonheur et santé


« J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. » Voltaire


Dans le quatorzième numéro du magazine Néosanté, j’ai lu l’interview d’Ilios Kotsou, chercheur à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve en Belgique, par C. Anselme.

Kotsou s’interesse au bonheur et à l’impact des émotions positives sur notre santé. Ses travaux montrent qu’une attitude positive face aux évènements est favorable à notre état de santé du corps et de l’esprit. Cet article me permet de mettre des explications « scientifiques » sur les changements que j’ai pu vivre en devenant positive et j’ai envie de le partager !

Outillé d’électroencéphalogrammes, il montre que les personnes qui se disent très heureuses ont la partie du cerveau qui nous aide à réguler les émotions plus activée que celle des personnes qui se disent moins heureuses.  Une personne positive réagit avec moins de stress aux évènements difficiles, fait mieux face aux pressions et est moins sujette à la maladie et à la dépression car elle voit la situation de manière plus globale, n'est pas focalisée sur ce qui ne va pas ou fait peur, elle peut trouver plus facilement des solutions.
Les personnes positives ne sont pas insensibles, ou faussement détachées, à la souffrance, elles peuvent récupérer plus rapidement. Vivre davantage d’émotions positives, c’est gagner en capacité à reconnaitre et accepter les émotions négatives.

Kotsou définit les émotions-positives ressources :
Le pardon : Pardonner permet de diminuer stress et colère et a un effet positif sur le fonctionnement cardio-vasculaire.
L’émerveillement : être pleinement présent et apprécier les petites choses du quotidien.
Le contentement : apprécier ce que l’on a.
La gratitude : être conscient des bienfaits reçus des autres, de la vie, de la nature et l’exprimer nous permet d’être en lien aux autres. Des personnes invitées à tenir un journal de gratitude dans lequel ils notent chaque jour les évènements pour lesquels ils ont éprouvé de la gratitude déclaraient au bout de trois semaines mieux dormir, être plus satisfaits de leur vie et être plus optimistes sur le semaines à venir.
L’élévation : notre envie de contribuer à un monde meilleur.
La joie, l’amour, la bienveillance, la gentillesse, l’altruisme…

Plus l’on est capable de ressentir une diversité de ces émotions, plus nous activons notre cerveau. Ce n’est pas l’intensité qui active mais bien l’éventail des émotions ressources.


Etre heureux est contagieux : quand nous sommes heureux, nous augmentons le bonheur de nos proches ! Une étude américaine menée sur 5000 personnes pendant 20 ans montre que lorsqu’une personne devient plus heureuse alors ses amis ont 25% de chance de devenir plus heureux aussi, les amis des amis 10% et les amis des amis des amis 5,6%.


Etre positif augmente la longévité, diminue le risque d’être atteint d’une maladie de cœur.